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Vous venez de fêter vos 50 ans. Il est grand temps de penser enfin à vous. Profitez donc des campagnes de dépistage organisé, pour éviter les mauvaises surprises et préserver sereinement votre santé.
Les cancers sont au coeur du dispositif. Ils sont en effet la première cause de mortalité en France. A la cinquantaine, les plus fréquents chez la femme sont ceux du sein et du côlon. Quant aux hommes, ils sont concernés par ceux de la prostate et du côlon. Mettez donc toutes les chances de votre côté, en jouant la carte du dépistage. La mammographie…indispensable pour le sein De loin le plus fréquent des cancers féminins, il distancie largement le cancer colorectal ainsi que les autres localisations gynécologiques. Statistiquement, 1 femme sur 10 vivant jusqu’à 80 ans développera un cancer du sein au cours de son existence. L’importance du dépistage organisé n’est plus à démontrer : des études nous montrent en effet que la mammographie pratiquée tous les 2 ans permet de réduire de l’ordre de 30 % la mortalité spécifique des femmes de 50 à 69 ans, après 7 à 13 ans de suivi. La mammographie est donc systématiquement recommandée par courrier à domicile, à toutes les femmes de 50 à 74 ans, tous les 2 ans. C’est l’examen le plus efficace de dépistage précoce des cancers du sein, car il permet de déceler des tumeurs asymptomatiques et non palpables manuellement : une tumeur de 5 mm peut ainsi être détectée 2 ans avant la palpation. Les mammographes numériques ont notamment des sensibilités diagnostiques remarquables. Le médecin peut aussi juger de la nécessité d’une mammographie plus tôt que l’âge de 50 ans, en cas d’antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein, de cancer du côlon… Enfin, en présence d’une masse anormale ou de la moindre gêne localisée au sein, consultez rapidement votre médecin traitant pour réaliser un dépistage. Pris en charge à 100 %, cet examen consiste simplement à comprimer le sein, puis à l’exposer à une faible dose de rayons X. Il comprend 2 clichés par sein (notamment pour les premiers dépistages), qui sont examinés par 2 radiologues experts différents. Cette double lecture permet de réduire les éventuelles erreurs d’interprétation. S’il existe une anomalie à la première lecture, le radiologue procède immédiatement à des examens complémentaires, en réalisant une échographie, voire une biopsie. Sachez tout de même que la découverte d’une anomalie n’est pas pour autant un signe de gravité : l’échographie permet aussi de déterminer des kystes mammaires, des seins plus denses… N’hésitez plus à bénéficier des avantages de la mammographie ! En dépistant précocément la tumeur, vous augmentez les chances de réussite du traitement. Un double examen pour la prostate Le cancer de la prostate représente le premier cancer masculin à partir de 50 ans. Son incidence croissante depuis 20 ans est liée au vieillissement progressif de la population. Il ne fait pas encore l’objet d’un dépistage organisé, mais l’Association française d’urologie recommande un dépistage individuel annuel chez tous les hommes entre 50 ans et 75 ans. Ce cancer est une tumeur d’évolution lente, qui entraîne peu de manifestations cliniques. Pour cette raison, le diagnostic a tendance à être porté tardivement, au moment de l’apparition de signes suspects, tels qu’une envie fréquente d’uriner, la sensation de ne pas pouvoir vider entièrement sa vessie, la diminution de la force du jet d’urine. Actuellement, le dépistage individuel permet de réaliser un diagnostic à un stade localisé, qui offre de bonnes perspectives de guérison. Le diagnostic est évoqué à la suite de 2 examens complémentaires : - le dosage sanguin du PSA (antigène spécifique de la prostate)
- le toucher rectal.
Le toucher rectal se pratique en introduisant un doigt dans le rectum du patient, qui doit avoir vidé sa vessie. Il permet de palper les contours de la prostate et d’évaluer l’importance de l’anomalie et son extension locale. C’est un examen inconfortable, mais indolore. Le dosage du PSA s’effectue simplement par prélèvement sanguin (au moins 48 heures après un toucher rectal) : - lorsque la valeur du PSA total se situe au-delà de 10, il y a un risque de cancer,
- pour un PSA total entre 4 et 10, le calcul du rapport PSA libre/PSA total est nécessaire afin d’orienter le diagnostic. Un rapport inférieur à 15 % est généralement un signe de malignité.
Il arrive qu’un taux anormal de PSA ne signifie pas forcément la présence d’un tissu tumoral, inversement un toucher rectal positif peut être du à une pathologie bénigne (hypertrophie bénigne de la prostate). Au final, seuls les résultats issus de la biopsie prostatique pourront confirmer le diagnostic de cancer. Alors, n’en faites plus un sujet tabou et prenez les devants en participant au dépistage individuel. Un dépistage différencié pour le côlon  Le cancer du côlon est le 3è cancer le plus fréquent après ceux de la prostate et du sein. Son risque double tous les 10 ans à partir de 30 ans. C’est un cancer grave qui se développe lentement sur la paroi de l’intestin, le plus souvent à partir de lésions appelées polypes, en outre, il est souvent diagnostiqué tardivement. Le dépistage est donc primordial, car il permet de le détecter au début de son évolution, avec de bien meilleures chances de guérison. Le dépistage organisé avec Hémoccult En pratique, un dépistage organisé est désormais proposé par courrier, tous les 2 ans. Il s’adresse aux hommes et aux femmes de 50 à 74 ans, à condition de ne présenter ni troubles digestifs, ni facteurs de risque. Il s’agit de rechercher des traces de sang dans les selles, à l’aide d’un test simple que l’on fait chez soi (test Hémoccult II). Ce test est disponible chez votre médecin traitant. Il consiste à prélever sur 3 selles consécutives un petit fragment de selle (à 2 endroits différents d’une même selle) et à le déposer sur une plaquette. Aucun régime alimentaire n’est nécessaire à l’exception du boudin noir. Les 3 plaquettes sont ensuite adressées à un centre d’analyses de référence. Un résultat positif ne signe pas nécessairement la présence d’un cancer : fissures anales, hémorroïdes et polypes bénins peuvent aussi être à l’origine de saignements. Mais il nécessite cependant la réalisation d’un examen complémentaire (coloscopie), afin de poser le diagnostic. Le diagnostic par coloscopie Le diagnostic du cancer colorectal repose sur la réalisation d’une coloscopie, c’est-à-dire d’un examen endoscopique qui permet de visualiser les parois internes du gros intestin (côlon) et du rectum, mais aussi d’effectuer des prélèvements en cas de lésions ou encore l’ablation de certains polypes. La coloscopie est effectuée après une recherche de sang dans les selles positive. Mais pour certains patients, elle doit être réalisée d’emblée. Le dépistage relève directement de la coloscopie dans les cas suivants : - face à une personne de plus de 50 ans se plaignant de troubles du transit fréquents, de douleurs abdominales persistantes ou de rectorragies inexpliquées,
- chez les patients à risque ayant des antécédents personnels de cancer colorectal, un parent au premier degré atteint de cancer colorectal, ou encore une maladie inflammatoire chronique de l’intestin.
En présence de facteurs de risque, la surveillance endoscopique est alors préconisée tous les 5 ans de façon systématique, généralement dès l’âge de 45 ans. La coloscopie se déroule sous anesthésie générale et nécessite une préparation colique. Afin de nettoyer parfaitement votre côlon, vous devez suivre un régime sans résidus (riz, pâtes, poissons et viandes maigres) 2 jours avant l’examen, et associer un traitement qui déclenche l’émission de selles. Ne prenez pas d’aspirine dans les 10 jours qui précèdent l’examen, et avertissez le médecin en cas de traitement anticoagulant. L’examen est de courte durée et ne nécessite ensuite que 2 à 3 heures de surveillance avant de pouvoir regagner son domicile. Prévoyez tout de même d’être accompagné. La précocité du diagnostic, comme dans tous les cancers, est essentielle. Même sans risque particulier, restez vigilant et ne retardez pas le dépistage du cancer colorectal ! A la cinquantaine, un check-up s’impose. C’est le moment de suivre votre santé de près. Faites contrôler votre tension et votre cholestérol, pour évaluer votre risque cardiovasculaire. Adoptez de nouvelles habitudes de vie : surveillez votre poids, reprenez une activité physique régulière et si vous fumez, décidez-vous à arrêtez le tabac… N’oubliez pas non plus que le dépistage du cancer vous concerne de près et qu’il est essentiel dans la prise en charge de la maladie. Déjà performantes, les techniques de diagnostic ne cessent de se développer : coloscopie virtuelle par scanner (coloscanner), diagnostic moléculaire par génie génétique…De nouvelles pistes pour l’avenir ! |