Mesurer soi-même sa tension artérielle à domicile est une attitude
désormais recommandée pour confirmer le diagnostic de l’hypertension
artérielle.
L'automesure tensionnelle est reconnue dans le suivi des patients
hypertendus en complément de la mesure auscultatoire. Pour le médecin,
elle permet de visualiser la pression moyenne du patient en bénéficiant
de chiffres plus représentatifs qu'une mesure ponctuelle au cabinet. Il
peut mieux adapter le traitement à la réalité de l'hypertension. Pour le
patient, elle permet de chiffrer donc de concrétiser l'effet du
traitement d'un symptôme silencieux, améliorant ainsi l'observance
thérapeutique.
La mesure de la tension lors des consultations chez
son médecin est insuffisante car les chiffres de la tension artérielle
varient beaucoup au cours d’une journée, et aussi de part l’effet blouse
blanche, c'est-à-dire le stress engendré par la consultation.
C’est
en suivant son hypertension à domicile que le médecin peut déterminer
si le traitement suivi est efficace ou qu’il faut le modifier, et c’est
en prenant sa tension à domicile, dans les meilleures conditions de
calme et de repos que l’on obtient le meilleur reflet de sa vraie
tension.
Quel tensiomètre ?
Les
tensiomètres sont commercialisés en Europe en tant que dispositifs
médicaux marqués CE conformément à la directive européenne 93/42/CE.
La
certification CE est une validation technique portant, entre autres,
sur la précision des mesures, la construction, le mode d'emploi et la
garantie du fonctionnement technique parfait dans les conditions du
laboratoire de test.
L’AFSSAPS, Agence Française de Sécurité
Sanitaire des Produits de Santé, et la Société Française d’Hypertension
Artérielle ont mis en place un contrôle des appareils d’automesure
tensionnelle commercialisés en France, la liste des appareils validés
est disponible sur son site .
Votre
pharmacien peut vous aider à choisir un appareil adapté et vous montrer
comment effectuer la mesure de la tension artérielle :
Il existe
deux types d’appareils : ceux qui prennent votre tension au poignet
(radiaux) et ceux qui la prennent au bras (huméraux). Ces derniers sont
plus fiables. Cependant si vous êtes déjà en possession d’un appareil
qui prend la tension au poignet, ne vous sentez pas obligé de vous en
séparer, apprenez simplement à correctement vous en servir.
La
fourchette de prix d’un tensiomètre est assez vaste (de 20 € à 150 €),
et le prix n’est pas en lui-même un indicateur de la fiabilité de
l’appareil. Il n'est pas remboursé par l'Assurance maladie.
Vous pouvez acquérir un tensiomètre directement chez votre pharmacien.
Si
vous achetez votre appareil par internet, vérifiez notamment la
procédure prévue pour une éventuelle réparation ou un échange, en cas de
problème. En effet, vous serez probablement amené à renvoyer votre
appareil par vos propres moyens, sauf si le fabricant a prévu un
enlèvement à domicile, ou à l’officine la plus proche de chez vous.
Valeurs tensionnelles :
Au-dessus
de 140/90 mmHg, la tension est trop élevée. Mais la tension artérielle
est instable dans le temps selon les activités physiques, l’état
émotionnel et le moment de la journée. Les chiffres de la tension prise
au cabinet médical sont souvent surévalués du fait de l’effet blouse
blanche comme nous l’avons expliqué plus haut.
Aussi,
l’automesure tensionnelle est aujourd’hui fortement conseillée. Cette
prise de tension à domicile par un appareil adéquat aidera le médecin à
adapter au mieux votre traitement.
Comment prendre sa mesure et quand la prendre ?
La qualité des résultats est fonction de la qualité du geste.
Avant la mesure :
- -
Pas de nicotine (cigarette ou médicaments d'aide au sevrage tabagique)
ni de caféine (café, thé ou cola) au moins 30 minutes avant la mesure.
- - Se reposer au moins 5 minutes (contrôler sur une montre ou une pendule car cela paraît long) avant la mesure.
- - S'asseoir confortablement au calme.
- - Ne pas porter de vêtements trop serrés au bras.
- - Enlever la montre.
- -
Choisir le bras gauche pour un droitier ou inversement (pour faciliter
la manipulation) si, lors de la première prise de pression effectuée aux
deux bras, les résultats ont été voisins. Sinon, utiliser le bras dont
les chiffres sont les plus élevés.
- - Pour les mesures ultérieures, toujours choisir le même bras.
Pendant la mesure :
- - Allumer l'appareil une fois la manchette en place.
- -
Pendant le gonflage et le dégonflage, ne pas bouger, ne pas parler ni
téléphoner, ne pas avoir de téléphone portable allumé à proximité, ne
pas fumer, avoir un entourage silencieux, rester détendu, relâcher le
poing et ne pas être surpris par le serrage du bras ou du poignet qui
est normal.
- - Pour les appareils dépourvus du système MAM,
répéter la mesure trois fois de suite à au moins 1 minute d'intervalle.
La pression artérielle est assez variable, une seule valeur est donc peu
représentative.
Quand prendre la mesure ?
Respecter la règle de 3 recommandée par le Comité français de lutte contre l'hypertension artérielle.
- -3 mesures le matin (à une minute d'intervalle entre chaque mesure).
- -3 mesures le soir (à une minute d'intervalle entre chaque mesure).
- -3 jours de suite.
Soit 18 mesures valides permettant de s'assurer de la couverture des 24 heures par le traitement.
Il convient d’effectuer les mesures à horaires réguliers :
-3 le matin entre le lever et le petit déjeuner avant la prise du médicament antihypertenseur.
-3 le soir entre le dîner et le coucher (idem).
-Jamais
au milieu de la journée ou après une émotion forte, une activité
sportive, un malaise (encore qu'un médecin puisse le demander
expressément pour évaluer une éventuelle hypotension).
A quelle fréquence ?
Elle
est à déterminer avec le médecin. Une période de mesures qui précède la
consultation médicale dure au moins 3 jours. Il peut y avoir un délai
de 1 à 6 mois entre les périodes de mesures :
- - périodes de mesures plus rapprochées sur quelques semaines pour évaluer l'efficacité d'un changement de traitement ;
- -
périodes de mesures plus espacées lorsque la tension artérielle est
équilibrée (trois à six mois, d'après la Haute Autorité de santé).
Il n'est pas justifié de mesurer la pression artérielle tous les jours.
Les chiffres :
Les
chiffres tensionnels obtenus par un patient lors d'une démonstration ou
d'une mesure spontanée, voire d'une opération de dépistage, doivent
toujours être montrés au pharmacien pour prendre les mesures qui
s'imposent en cas de découverte inopinée de valeurs élevées.
Des
chiffres semblant indiquer une hypertension sévère doivent faire
consulter sans délai (moins d'une semaine). Pour une hypertension a
priori modérée, le patient sera encouragé à consulter dans le mois.
Les pièges qu'il faut éviter :
La
première pression artérielle recueillie de la série des trois mesures
est plus élevée. La pression artérielle est plus élevée le premier jour.
Vous ne devez pas éliminer vous même des mesures que vous jugez trop élevées ou trop basses.
Si
vous voulez expressément acheter un appareil doté de deux mémoires (une
par patient dans un couple), il faut vous assurer que vous en
maîtriserez bien la complexité d'utilisation. A défaut, les valeurs de
l'un et de l'autre seront mélangées. Lors de l'exploitation des
chiffres, le médecin pourra être induit en erreur.
En cas de
dispensation d'un appareil à une seule mémoire, il faut prévenir le
patient que, pour les mêmes raisons, il ne doit pas le prêter.
Le
patient ne doit surtout pas changer lui-même son traitement en fonction
du résultat. C'est au médecin et au médecin seul d'en décider.
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