Peut-être vous êtes-vous déjà posé la question : J’en suis où dans mon calendrier vaccinal ? S’il est vrai que les vaccins de l’enfant sont bien suivis, il n’en est pas de même chez l’adulte et parfois le jeune adolescent. Et pourtant, la vaccination ne doit pas se limiter à la petite enfance.
L’absence de vaccination chez l’adolescent ou l’adulte fait courir un risque non seulement individuel, mais aussi collectif en augmentant l’incidence épidémique dans les populations vulnérables (femme enceinte, nourrisson…). Pour rester protégé, faites le point sur vos rappels!
La diphtérie : toujours mortelleLa diphtérie est une affection bactérienne particulièrement contagieuse due au bacille diphtérique, qui se transmet par l’intermédiaire des gouttelettes de salive, mais aussi à partir d’objets contaminés. Les premiers symptômes sont banaux (fièvre, mal de gorge), mais peu à peu, une fausse membrane obstrue la gorge et rend la respiration très difficile. Par ailleurs, le bacille libère une toxine responsable de paralysies cardiaques ou nerveuses. Dans 10 % des cas, l’évolution est mortelle. Depuis 60 ans, la politique sanitaire en France a permis d’éradiquer la diphtérie, mais la maladie reste encore présente dans de nombreux pays : Sud-Est asiatique (Inde, Indonésie, Philippines…), Amérique du sud (Brésil, Equateur), Moyen-Orient ou en Afrique (Madagascar, Zambie…). Quelques cas ont aussi été déclarés en Europe.
Actuellement, seule une prise en charge précoce permet d’éviter les complications. Le traitement repose sur l’administration de sérum antidiphtérique et d’antibiotiques. La vaccination reste donc la seule solution pour se protéger efficacement. La poliomyélite : une politique d’éradicationLa poliomyélite est une affection virale hautement contagieuse, qui touche principalement les enfants de moins de 5 ans. Le virus, qui se transmet par voie oro-fécale, envahit le système nerveux. Les symptômes initiaux sont fièvre, fatigue, céphalées, vomissements et raideur de la nuque, et, en quelques heures, le virus peut entraîner une paralysie totale. Dans 1 cas sur 200, on assiste à une paralysie des jambes et dans 5 à 10% des cas, la paralysie des muscles respiratoires entraîne la mort.
Depuis 1988, l’OMS lutte pour éradiquer la poliomyélite dans le monde. En 2008, la maladie est encore endémique dans 4 pays : Inde, Pakistan, Afghanistan et Nigéria. En France, la poliomyélite a disparu, mais tant que la maladie existe, le risque persiste. Pour exemple, entre 2003 et 2005, le virus a réinfecté 25 pays jusque-là exempts de poliomyélite, à la suite d’une importation du virus. Prévenir est donc la seule option, car il n’existe pas de traitement. Toujours d’actualité, la vaccination reste indispensable, y compris chez l’adulte. Le tétanos : un ennemi pour la vieLe tétanos est du à une toxine produite par le bacille tétanique, une bactérie présente dans la terre. Il se développe à la suite d’une blessure, même bénigne (brûlure, égratignure, piqûre d’épines, plaie…). Dans les pays en développement (Afrique, Sud-Est asiatique…), il infecte également le cordon ombilical des nouveaux-nés, lorsque l’accouchement n’a pas été pratiqué dans des conditions d’ hygiène satisfaisantes. Après une incubation de 5 à 20 jours, la maladie se manifeste par des spasmes musculaires intenses et douloureux, pouvant entraîner la mort, et ce, malgré une prise en charge en service de réanimation. En France, en 2000, on a dénombré 29 cas de tétanos, dont 9 mortels. Ne négligez donc pas la vaccination antitétanique à l’âge adulte, à fortiori si vous êtes adeptes des plaisirs du jardinage. La coqueluche : des complications chez le nourrissonLa coqueluche est une infection bactérienne très contagieuse due à « Bordetella Pertussis », qui se propage par voie aérienne. Au départ, la maladie se manifeste par un rhume, une légère fièvre et une toux nocturne. Mais 7 à 10 jours plus tard, la toux s’accentue, avec des quintes épuisantes de nuit comme de jour, caractérisées par un sifflement « chant du coq » et une difficulté à respirer. Ce phénomène persiste 3 semaines, puis s’atténue au cours des mois suivants (parfois jusqu’à 3 mois). Chez le nourrisson, la toux n’est pas toujours présente, mais la gêne respiratoire peut occasionner des complications pulmonaires ou neurologiques (convulsions, encéphalites) parfois mortelles. La coqueluche reste donc particulièrement dangereuse chez les bébés de moins de 2 mois, qui n’ont pas encore été vaccinés. En France, la coqueluche est peu fréquente, mais le risque de contamination des jeunes nourrissons est en augmentation, en raison d’une recrudescence de l’infection chez l’adulte jeune. Alors, pour mieux protéger vos enfants, pensez aussi à vous vacciner à l’âge adulte. La rubéole : danger chez le fœtusLa rubéole est une maladie virale, transmise par voie respiratoire ou par le placenta au cours de la grossesse. Anodine, elle touche surtout les enfants entre 5 et 9 ans. Les signes de départ sont une légère fièvre, associée à un gonflement des ganglions et une éruption de tâches rouges sur le visage et le cou. En 24 heures, les tâches diffusent sur l’ensemble du corps, puis disparaissent en 3 à 4 jours.
Par contre, la rubéole est lourde de conséquences chez la femme enceinte. Au cours des 3 premiers mois de grossesse, elle peut provoquer chez le fœtus de graves malformations congénitales (cardiopathie, cataracte, surdité…), ainsi que des avortements spontanés par mort foetale.
En France, 10 à 20 cas d’infections rubéoleuses maternelles sont recensées chaque année : 10 en 2004 et 16 en 2005. Ces 26 cas ont été à l’origine de 4 malformations congénitales et de 5 interruptions de grossesse. Ces infections témoignent de la circulation du virus, notamment chez les adultes jeunes. Si vous êtes en âge de procréer, la vaccination est donc essentielle dans le cas où vous n’êtes pas immunisées. Grâce à une sérologie sanguine, vous pouvez détecter la présence d’anticorps contre le virus de la rubéole et de ce fait vérifier votre protection. Des rappels à jour : simple comme bonjour Pour être à jour de vos rappels vaccinaux, vous devez impérativement vous munir d’un carnet de vaccinations ou d’un carnet de santé et faire consigner par votre médecin traitant les dates de réalisation des vaccins, ainsi que le numéro de lot du vaccin injecté. Pensez ensuite à le consulter régulièrement : par exemple à chaque début d’année…
En cas de retard dans vos vaccinations, soyez rassurés. Il vous suffit de reprendre le programme de vaccination au stade où il a été interrompu et de compléter la vaccination en réalisant le nombre d’injections requises en fonction de votre âge. Des rappels…en toute sécuritéLes vaccins s’administrent par voie IM, sauf en cas de contre-indication (trouble de la coagulation sanguine) pour laquelle le médecin choisira la voie cutanée.
Certains vaccins (DTPolio…) peuvent provoquer une élévation passagère de la température. Pour éviter ce désagrément, pensez à utiliser du paracétamol le jour-même (ainsi que le lendemain) de l’injection. Pendant 48 heures environ, certains vaccins (DTPolio…) sont susceptibles de provoquer rougeur, douleur et induration au point d’injection. L’utilisation d’un gel cutané permet de soulager la gêne. N’hésitez pas à nous demander conseil. En cas de fièvre, de maladie aiguë (rhinite, bronchite…) ou de maladie chronique en phase évolutive, reportez l’injection à une date ultérieure, après accord avec votre médecin. Le calendrier vaccinal en pratiqueDe 16 à 18 ansRevaxis (diphtérie-tétanos-polio) Si vous avez déjà effectué le rappel contre la coqueluche entre 11 et 13 ans
Répévax ou Boostrixtétra (diphtérie-tétanos-polio-coqueluche) Si vous n’avez pas effectué le rappel contre la coqueluche entre 11 et 13 ans
Rudivax (rubéole) Pour les femmes non vaccinées et non immunisées en âge de procréer, à condition d’être sous contraception efficace pendant un minimum de 2 mois suivant l’injection Après 18 ansRevaxis (diphtérie-tétanos-polio) tous les 10 ans
Répévax ou Boostrixtétra (diphtérie-tétanos-polio-coqueluche) tous les 10 ans - -Pour l’ensemble du personnel soignant, et principalement les professionnels en contact avec des nourrissons trop jeunes pour avoir reçu 3 doses de vaccin anticoquelucheux
- -Chez les adultes entre 26 et 28 ans
- -Chez les adultes ayant un projet parental et n’ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des 10 dernières années
- -Pendant la grossesse, pour le père n’ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des 10 dernières années
- -Le plus tôt possible après l’accouchement, pour la mère n’ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des 10 dernières années
Rudivax (rubéole) Pour les femmes non vaccinées et non immunisées en âge de procréer, à condition d’être sous contraception efficace pendant un minimum de 2 mois suivant l’injection
Voir la clendrier vaccinal de l'adulte sur le site : semainedelavaccination.fr
En conclusion, pour vous protéger et protéger vos enfants, faites un suivi régulier de vos rappels. Pour optimiser le suivi des vaccinations, la Mutuelle générale et Orange Business Services viennent de lancer un carnet électronique de vaccination, disposant d’une fonction qui permet d’être averti des prochaines dates de rappel (par e-mail ou SMS). 60 000 adhérents de la Mutuelle générale y ont déjà accès. Pour les autres, misez simplement sur une bonne organisation, en attendant de bénéficier de ce nouveau service ! |