Les huiles essentielles en toute sécurité Version imprimable Suggérer par mail
Dotées de propriétés puissantes et d’une grande richesse thérapeutique, les huiles essentielles connaissent un succès grandissant.
Déjà utilisées dans l’Antiquité, elles sont actuellement parfaitement identifiées grâce à des techniques d’analyse moderne. Véritables concentrés d’actifs, elles sont remarquablement efficaces, mais peuvent aussi se révéler dangereuses pour la santé si elles sont mal employées.

Pour bénéficier en toute sécurité de leurs vertus, choisissez des huiles essentielles identifiées de qualité et respectez leurs précautions d’emploi.

100 % pure et naturelle : une exigence qualité

Une huile essentielle véritable est obtenue par un procédé, appelé distillation, qui consiste au passage de vapeur d’eau sur les parties végétales d’une plante (feuilles, sommités fleuries, écorces, racines, fruits et graines, plante entière…).Les principes actifs entraînés, en se concentrant, confèrent à l’huile de puissantes propriétés thérapeutiques. En aromathérapie, l’utilisation de solvants, de graisses ou de gaz au cours de la distillation n’est pas admise.

L’expression à froid est réservée aux zestes de fruits de Citrus (citron, orange, mandarine, bergamote…) en raison de la fragilité de leurs composants. On parle alors d’essences.

Pour exemple, il faut :Quelques kilos de citron pour fabriquer une huile essentielle

  • -150 kg de sommités fleuries pour obtenir 1 kg d’huile essentielle de lavande vraie,
  • -3000 citrons environ pour réaliser 1 kg d’essence de citron…

Seules les huiles essentielles portant la mention « 100% pures et naturelles » garantissent n’avoir subi aucun traitement ultérieur, à savoir :

  • -l’addition de composants synthétiques,
  • -le coupage avec d’autres huiles essentielles ou des huiles grasses,
  • -la déterpénation qui consiste à enlever des composants très actifs, les terpènes,
  • -la rectification (distillation fractionnée) qui modifie la teneur de certains constituants. Ainsi l’huile essentielle d’eucalyptus rectifiée, plus riche en 1,8-cinéole, peut s’avérer toxique notamment chez l’enfant.

Les huiles «HECT » ou « HEBBD » : la garantie thérapeutique

Les propriétés thérapeutiques d’une huile essentielle dépendent de sa composition chimique. Pour une même plante, celle-ci varie non seulement en fonction de la sous-espèce, de la variété et de la partie utilisée (feuille, sommité fleurie, plante entière…), mais aussi en fonction des conditions de vie spécifiques, à savoir le lieu et la période de récolte.

Seuls les critères botanique, biologique et biochimique permettent de définir la nature exacte de l’huile essentielle en fonction des molécules majoritairement présentes. Les mentions « HECT » (Huiles Essentielles Chémotypées) ou « HEBBD » (Huiles Essentielles Botaniquement et Biochimiquement Définies), en répondant à ces critères, sont une garantie de l’action thérapeutique.
Ainsi l’huile essentielle de Thym vulgaire présente des propriétés différentes selon sa nature :
l’HECT du Thym vulgaire à thymol a des propriétés anti-infectieuses,
l’HECT du Thym vulgaire à cinéole a une activité décongestionnante broncho-pulmonaire,
l’HECT du Thym vulgaire à paracymène, outre son activité anti-infectieuse, possède une forte action antalgique recommandée en cas de rhumatisme et d’arthrose…

En raison du coût ou de la rareté de certaines d’entre elles, quelques fabricants commercialisent des huiles essentielles falsifiées ou parfois même synthétiques, et donc très aléatoires.

 

Faites donc le bon choix en vérifiant sur l’étiquette que figurent les mentions :
-    « 100% pure et naturelle »
-    « HECT » ou « HEBBD» s’accompagnant du nom botanique complet de la plante en latin, de la partie distillée et de sa spécificité biochimique (s.b).

 

Un stockage sous conditions

Au cours du temps, les huiles essentielles s’oxydent. Préservez leurs qualités en les protégeant de la chaleur, de la lumière et du contact de l’air. Pour cela :

  • -les flacons doivent être en verre coloré ou en estagnon (aluminium recouvert sur la face interne d’une résine appropriée). Attention aux matériaux plastiques qui peuvent être dissous par les huiles essentielles !
  • -les bouchons doivent être bien fermés,
  • -le stockage doit avoir lieu dans un endroit frais (entre 5 et 35 °maximum).

Dans ces conditions, les huiles essentielles se conservent en moyenne 5 ans, à l’exception des essences (de Citrus) qui ne dépassent pas 3 ans.

Le plus souvent sur la peau

L’utilisation des huiles essentielles en application sur la peau est le mode d’administration le plus fréquent. Du fait de leur passage transcutané, elles agissent localement, mais peuvent également avoir une action générale. Vous pouvez par exemple constater que votre haleine sent l’eucalyptus, 15 minutes après avoir frictionné la plante de vos pieds avec de l’HECT d’eucalyptus radié.
Les applications « pures » sont réservées aux huiles essentielles non irritantes et ne doivent pas dépasser quelques gouttes (3 en moyenne) 2 ou 3 fois par jour, sur une zone limitée.

Mais le plus souvent, les huiles essentielles s’utilisent diluées dans des huiles végétales, à fortiori :

  • -chez les jeunes enfants,
  • -en cas de peau fragile,
  • -pour les HE à caractère irritant, comme l’HE de cannelle, les HE à phénols (basilic à thymol, thym à thymol, origan, sarriette, serpolet…), ainsi que les HE à terpènes (genévrier, pin sylvestre, sapin…).

En frictions ou en massages

Pour des frictions ou massages, choisissez une huile végétale fluide (noisette, sésame, macadamia, amande douce…) pour une meilleure pénétration au niveau de la peau, et incorporez 1 ou plusieurs huiles essentielles. Le degré de dilution dépend de la tolérance mais aussi de l’action recherchée.
Ainsi l’HE d’Immortelle (Hélichrysum italicum s.b.acétate de néryle, diones), qui a une activité antihématome remarquable, s’utilise à raison de :
-2 ou 3 gouttes diluées dans une crème de jour en cas de couperose,
-quelques gouttes mélangées à la même quantité d’huile végétale en massages répétés pour résorber les contusions et hématomes (internes ou externes).

Les huiles essentielles à caractère irritant ne doivent pas dépasser une concentration de 20%.

En dehors des affections dermatologiques, appliquez les huiles essentielles en regard de l’organe cible, comme :
  • -le thorax pour une action broncho-pulmonaire,
  • -les tempes, la nuque ou le front pour des céphalées,
  • -la face interne des poignets, la voûte plantaire ou de part et d’autre de la colonne vertébrale pour une action sur le système nerveux…

En cas de bronchites ou de sinusites, utilisez 3 fois par jour un mélange de 3 gouttes d’HE d’Eucalyptus radié (Eucalyptus radiata s.b.1,8-cinéole, alpha-terpinéol) et de 3 gouttes d’huile végétale en onctions sur le thorax et le dos.

Mais aussi en bains

Huile Essentielle de Thym

Ne versez jamais directement les huiles essentielles dans le bain. Insolubles dans l’eau, elles flottent à sa surface et peuvent occasionner des brûlures cutanées.
La meilleure solution est d’utiliser un « bain aux huiles essentielles » disponible en pharmacie, ou encore d’utiliser au préalable un dispersant (Disper ou Labrafil) en quantité 4 fois supérieure.
En moyenne, ne dépassez pas 30 gouttes d’HE par bain.

Des cosmétiques riches en huiles essentielles

De nombreuses gammes de soins cosmétiques s’enrichissent également en huiles essentielles. Crème de jour, fluide, masque, sérum, shampooing…dévoilent leurs nouvelles vertus.
HE de Ciste et de Bois de rose pour un effet tenseur sur la peau, HE de Pamplemousse et de Laurier noble pour une action dynamisante, HE de cannelle et d’orange douce pour l’équilibre émotionnel…laissez-vous tenter !

Jouez la sécurité

Les HE sont des substances très actives, dont l’utilisation nécessite quelques précautions.

En règle générale, les HE sont déconseillées chez la femme enceinte ou allaitante et l’enfant de moins de 3 ans. Il en est de même chez l’enfant jusqu’à 6 ans avec les HE et les cosmétiques contenant du camphre, de l’eucalyptol ou du menthol, en raison du risque de convulsions ou de troubles respiratoires.

Si vous êtes allergique, faites au préalable un test de tolérance cutanée en étalant 1 à 2 gouttes d’HE dans le pli du coude. L’apparition d’une irritation au bout de 10 à 15 minutes contre-indique son emploi !
Ne vous exposez pas au soleil (à fortiori si votre peau est humide) après l’application de certaines huiles essentielles (citron, bergamote, orange, mandarine, angélique…) connues pour être photosensibilisantes.

N’appliquez jamais d’HE pures sur les muqueuses et lavez-vous soigneusement les mains après chaque application, afin d’éviter le contact avec les yeux.

Toujours diluées par voie orale

En raison du risque de brûlure de la muqueuse buccale, les HE doivent toujours être diluées avant d’être avalées.
Ne diluez jamais les HE dans un verre d’eau (elles sont insolubles !), mais mélangez-les à de la mie de pain, à une cuillère à café de miel ou de sirop d’érable, ou encore 1 cuillère à café d’huile végétale, en évitant les huiles de sésame et d’arachide qui sont allergisantes.
Nous vous conseillons de les prendre sous la langue, à raison de 2 gouttes (diluées) 3 fois par jour.

La voie orale est déconseillée chez l’enfant de moins de 7 ans.

Certaines HE ne doivent pas être utilisées par voie orale : romarin à camphre, pin sylvestre, ylang-ylang, gaulthérie…

D’autres nécessitent des précautions, comme l’HE de Basilic à estragole (ou méthylchavicol), car ce dernier se transforme dans le foie en métabolites cancérigènes. En pratique, cette HE doit être limitée à des usages antispasmodiques occasionnels (lithiases…), en revanche elle n’est pas souhaitée pour favoriser la digestion ou parfumer une huile alimentaire.

Enfin, pas d’utilisation prolongée des HE par voie interne sans l’avis d’un aromathérapeuthe !

Les capsules, c’est nouveau !Capsules d'huiles essentielles

Pour éviter les inconvénients liés au goût, plusieurs laboratoires ont incorporé les huiles essentielles dans des capsules. Autres avantages, une posologie sécurisée et un faible coût pour la durée du traitement !

Ces capsules aromatiques sont composées :

  • -d’HECT dosées à 50 ou 75 mg, qui garantissent une concentration efficace,
  • -d’huile végétale pour diminuer l’agressivité des HE sur les muqueuses et permettre une meilleure diffusion du mélange dans l’estomac,
  • -d’une tunique de gélatine marine.

N’hésitez pas à nous demander conseil, nous sommes à votre disposition pour tout renseignement !

En diffusion pour les voies respiratoires

Du fait de leur volatilité, les HE sont spécifiquement adaptées pour être diffusées dans l’atmosphère. Elles sont utilisées pour assainir l’air d’une pièce ou désinfecter les voies respiratoires, en cas de pathologies broncho-pulmonaires ou ORL.
Pour ne pas altérer les HE, utilisez de préférence un diffuseur électrique qui a l’avantage de ne pas les chauffer. Et pour éviter la saturation de l’air en molécules aromatiques et donc les risques d’irritations, ne les diffusez jamais en continu, mais 10 à 15 minutes par heure seulement.

Toutes les HE ne sont pas bonnes à diffuser. Evitez impérativement les HE à phénols (sarriette, thym, girofle…) et les HE de cannelle, car elles sont irritantes pour la muqueuse respiratoire.

La diffusion des HE est contre-indiquée en cas d’asthme ou d’allergie.

Elle est en outre contre-indiquée chez l’enfant de moins de 3 ans, et doit se faire en l’absence d’enfants de moins de 10 ans.

Des inhalations pour les sinus

Les inhalations sont surtout utilisées en cas de rhinites et de sinusites, pour décongestionner les muqueuses, mais sont déconseillées chez l’enfant de moins de 12 ans.

Versez dans un récipient 5 à 6 gouttes d’HE pures (pin sylvestre, eucalyptus radié, ravintsara…) et rajoutez 250 ml d’eau bouillante, puis inhalez la vapeur dégagée pendant 5 à 10 minutes, 2 à 3 fois par jour. L’emploi d’un inhalateur permet d’éviter le contact des vapeurs avec les yeux.
Evitez l’air frais immédiatement après l’inhalation.

Profitez dès à présent des bienfaits des huiles essentielles. Friction, diffusion, voie interne, soin cosmétique…choisissez votre option !
Remarquablement efficaces, elles ne sont pas pour autant inoffensives. Alors pour plus de sécurité, suivez les recommandations et n’hésitez pas à vous informer auprès d’un professionnel de santé.
 
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