Les substituts nicotiniques en pratique ? Version imprimable Suggérer par mail
Les substituts nicotiniques multiplient par 2 vos chances de réussite. Ils sont donc une aide à ne pas négliger ! La cigarette produit des  pics (shoots) de nicotine qui arrivent en quelques secondes au cerveau et qui créent un phénomène de dépendance physique.

En libérant de la nicotine de  façon lente et régulière sans passer par les poumons, les substituts nicotiniques diminuent  progressivement cette dépendance et atténuent l’état de manque caractérisé par des signes tels que nervosité, irritabilité, troubles du sommeil…

Les substituts nicotiniques sont donc une aide très efficace pour arrêter de fumer à condition d’apporter une dose adaptée de nicotine sur une période suffisante (de 6 semaines à 6 mois).

Quel dosage utiliser ?

Le dosage adapté est lié à votre degré de dépendance. Celle-ci se calcule d’après le test de
Fagerström disponible sur le site www.tabac-info-service.fr.
Plus la dépendance est forte, plus le substitut sera dosé en nicotine au début du protocole d’arrêt. Demandez conseil à votre pharmacien.

A qui s’adresse les substituts nicotiniques ?

Ils sont destinés aux fumeurs de plus de 15 ans.

Pour les femmes enceintes ou les malades atteints de maladies cardiovasculaires graves ou ayant eu un infarctus ou un accident vasculaire cérébral récent, il faut  une surveillance médicale.

Les patchs sont déconseillés dans certaines affections cutanées qui peuvent gêner leur utilisation.

Les gommes, comprimés et inhaleurs sont contre-indiqués chez les porteurs de prothèses dentaires.

Quelle forme choisir ?

Les patchs

Ce sont les formes les plus utilisées. Avec un patch, vous devez vous abstenir de fumer car vous risquez un surdosage de nicotine.

Les patchs sont des dispositifs adhésifs qui diffusent en continu de la nicotine à travers la peau pour atteindre la circulation veineuse. La dose de nicotine libérée dépend de la surface du patch et du temps de pose. L’effet se manifeste 30 minutes après la pose et se prolonge tout au long de la journée.

Ils sont faciles d’utilisation et présentent peu d’effets secondaires.

Ils se collent au réveil sur une zone de peau sèche, sans poils (tronc, partie supérieure du bras, partie supérieure de la fesse) et se retirent soit le soir au coucher, soit le lendemain matin. Pensez à changer la zone d’application tous les jours pour éviter les irritations cutanées. Ils se conservent sous la douche ou à la piscine. En cas de décollement du à la transpiration ou à une baignade, vous pouvez le recouvrir d’un adhésif waterproof. Vous devez vous laver les mains après chaque application.

Des réactions cutanées (démangeaisons, rougeur…) peuvent apparaître localement au niveau de l’adhésif. Elles disparaissent généralement au retrait du patch. En cas de persistance, même après l’essai d’une autre marque, vous avez la possibilité d’utiliser les formes orales (gommes, comprimés, inhaleurs).

Les formes orales

Les formes orales libèrent la nicotine à travers la muqueuse de la bouche avant d’atteindre la circulation veineuse.

Avec les formes orales, vous déterminez vous-mêmes la quantité quotidienne à utiliser en fonction de votre envie de fumer. Votre pharmacien vous conseillera un protocole.

Les formes orales peuvent parfois générer des effets locaux tels que sècheresse de la bouche, maux de gorge, hoquet, ou sensation de brûlure…

Les formes orales sont sans sucre et se déclinent avec des arômes différents.
Les gommes à mâcher

Elles ne se mastiquent pas comme des chewing-gums ordinaires. Vous devez mâcher une première fois la gomme puis la garder contre la joue environ 10 minutes. Ensuite, vous mastiquez lentement pendant une demi-heure selon le schéma suivant : 10 mastications suivies d’une pause de 2 minutes. En mâchant lentement, vous évitez les effets locaux.

Vous devez éviter de consommer du café ou des sodas dans les 15 minutes qui suivent la prise d’une gomme.

  • Les comprimés sublinguaux

Ils permettent un sevrage moins visible qu’avec une gomme.
Vous devez les placer sous la langue. Ils fondent en une demi-heure. Et l’effet apparaît en 2 ou 3 minutes.

  • Les comprimés à sucer

Vous devez les déplacer d’un côté à l’autre de la bouche. Ils se dissolvent en 20 à 30 minutes et l’effet  est aussi rapide qu’avec le comprimé sublingual.
Vous ne devez ni boire ni manger au moment de sucer le comprimé.

  • Les inhaleurs

Ils sont adaptés aux fumeurs qui ont une forte dépendance gestuelle.
Chaque cartouche dure environ 20 minutes et permet de faire plusieurs aspirations. La nicotine se dépose sur la muqueuse de la bouche sous forme de gouttelettes.
Un avis médical est nécessaire en cas d’asthme.

Comment se déroule l’arrêt avec un substitut ?

L’arrêt se déroule sur une période de 6 semaines minimum à 6 mois maximum.
N’allez pas trop vite car vous risquez un échec. La durée du traitement est variable d’une personne à l’autre : faîtes vous suivre par un professionnel de santé et soyez patient !

Le sevrage se déroule sur 3 phases.

  • La première phase (phase initiale) est de 4 semaines environ pour les patchs et de 3 mois pour les formes orales.
  • La deuxième phase (phase de stabilisation) est la phase au cours de laquelle l’envie de fumer est surmontée. Elle est de 4 semaines environ pour les patchs et de 1 à 2 mois pour les formes orales.
  • La dernière phase (phase de sevrage) permet de réduire progressivement sur une période identique.

Pour les patchs, vous utilisez des dosages dégressifs tandis que pour les formes orales, vous espacez progressivement les prises.

Certains tabacologues conseillent les gommes ou les inhaleurs en complément des patchs pour faire face à une envie brusque de fumer. Une surveillance médicale s’impose pour trouver le bon dosage.
 
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