Mieux vivre son jeune Version imprimable Suggérer par mail
Ramadan est un mois sacré du calendrier lunaire musulman. Pendant cette période, il est prescrit aux croyantes et aux croyants adultes en bonne santé de jeûner du début de l’aube au coucher de soleil.

Ce jeûne implique l’absence d’absorption d’aliments, qu’ils soient liquides ou solides.

Un des risque est que les pratiquants ne voient que les aspects positifs de leur religion à travers de la religiosité, de la formidable ambiance qui y règne... Il convient donc de ne pas oublier que la pratique du jeune a des conséquences médicales importantes, dans différents domaines.

La régulation du sucre dans le sang :

le jeûne entraîne une modification importante de la quantité et du moment de sécrétion par le corps de l'insuline et du glucagon :

l’insuline est classiquement l’hormone la plus sécrétée. Elle permet au glucose provenant de notre alimentation d'être utilisé par nos cellules pour y être consommé et transformé en énergie. Lors des premiers jours de jeune, le corps garde cette habitude de production alors que le jeune a commence, ceci entraîne dans les premiers jours des hypoglycémies c’est à dire des chutes du taux de glucose dans le sang. L'hypoglycémie est la cause de la sensation de faim ressentie par la personne qui jeune.

Ensuite l'organisme s'adapte au jeune en diminuant sa production d'insuline et en augmentant la production de glucagon. Le rôle du glucagon est de mobiliser les réserves de l’organisme en pour fournir du glucose dans le sang, car celui-ci n’est plus apporté par l’alimentation. Pendant cette période le risque d'hypoglycémies diminue ainsi que la sensation de faim.

La prise de poids :

Lorsque l’organisme ne reçoit plus de calories pendant un certain laps de temps, il fait des économies d’énergies et par réaction, va plus métaboliser lors du repas suivant : il stockera en plus grande quantité les graisses et les sucres. Ce phénomène est d’autant plus important si le repas est riche, ce qui se passe classiquement pendant le ramadan. En effet, Le jeûne est souvent rompu avec des dattes et du lait caillé, des aliments riches. Pour diminuer ce phénomène, il est conseillé de conserver trois repas. La rupture du jeûne sera considérée comme le déjeuner et devra être léger de préférence. le repas pris plus tard dans la nuit sera le dîner. Et pourra être plus riche. Enfin il convient de manger avant l’aube, de préférence des sucres lents et très lents qui pourront aider à tenir pendant la période du jeune diurne.

L'hydratation du corps :

Le corps a besoin en permanence d'eau car il en perd par la respiration, la transpiration, par les urines et dans les selles. Les apports d'eau doivent compenser en permanence ces pertes, d'ou la sensation de soif. En prériode de jeune la prise d'eau n'est pas possible, le corps va donc s’adapter en réduisant ses pertes : les urines deviennent plus concentrées, fatiguant plus  les reins, le tube digestif laisse passer moins d'eau dans des selles qui deviennent plus dures ce qui risque d’amener une constipation. Le corps met ainsi en œuvre ces mécanismes afin de réduire ses pertes en eau qui ne sont plus compensées par un apport régulier.

Aussi à la rupture du jeune, il convient de boire abondamment afin de réhydrater au maximun son corps.

Quelques conseils diététiques :

Le repas du matin devra être riche en eau pour hydrater au maximum son organisme.

De même il convient de faire le plein de sucres lents comme les semoules, des farines, les céréales et éviter les sucres rapides pouvant provoquer un pic glycémique.

Ne pas négliger les produits frais et les crudités riches en vitamines et en fibres, importantes pour aider à réguler le transit intestinal et diminuer les phénomènes de constipation.

Le repas de rupture du jeûne ne devra être pas trop abondant, pour éviter une prise pondérale par réaction. Il devra être riche en boissons peu sucrées pour rehydrater l'organisme.

Le repas de la nuit, pourra être lui plus riche et comportera notament des fibres pour améliorer la qualité du transit.

Le jeune et les traitements médicaux :

A priori seuls les médicaments pris par voie orale sont concernés par le jeune. Donc toutes les autres voies peuvent être utiliser pendant la journée.

Dans tous les cas, il convient de consulter son médecin et d'en parler à son pharmacien avant de prendre une décision de modification du traitement.

L'adaptation du traitement devra se faire se faire sur les horaires de prise et les quantités utilisées.

On ne peut pas toujours changer facilement les prises du jour vers la nuit sans prendre certaines précautions surtout quand il s’agit de médicaments à marge thérapeutique étroite et de médicaments indiqués dans les maladies chroniques. De même les effets de certains médicaments peuvent différer en fonction de l'heure de la prise Ex : corticoides.

D'autre part, la prise en une seule fois de tous les médicaments peut augmenter le risque d’interactions médicamenteuse entre eux.

De plus, certains médicaments ont des fenêtres thérapeutiques très étroites, et sont très délicat à déplacer. Il s'agit notamment des anti-épileptiques.

Ainsi des aménagements thérapeutiques peuvent être trouvés au cas par cas.

Cas de l'insuffisance rénale :

le rein est avec le foie le principal organe de filtration et d’élimination des déchets. Souvent le patient ne se sent pas malade alors que sa fonction rénale peut être très affaiblie. Cependant le jeune, surtout en été, entraîne une diminution de la filtration glomérulaire du rein par la diminution de l'apport en eau durant la journée. Il est donc déconseillé aux personnes dont la clairance à la créatinine est inférieure à 70 ml/minute.

Cas du diabète :

Le jeûne est à déconseiller aux patients diabétiques de type 1, et en cas de diabète instable ou mal contrôlé ainsi qu'aux femmes enceintes diabétiques.

Pour le diabétiques de type 2, il est important de contrôler régulièrement la glycémie et de consulter son médecin pour adapter la prise de ses médicaments (horaire, quantité).

Avec quelques précautions, la pratique du jeune est possible dans beaucoup de cas pour les personnes adultes et bien portantes. Pour les autres, cette décision ne doit pas être prise à la légère et doit être prise à l'aide de son médecin traitant.

 
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