| Pamplemousse : ne soyez pas trop pressés ! |
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Le jus de pamplemousse est connu pour son risque d’interaction avec certains médicaments. Dans une publication récente, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) fait le point sur la situation et précise ses recommandations.
Le métabolisme en causeLa grande majorité des médicaments par voie orale sont métabolisés et éliminés par des enzymes, notamment les cytochromes P450 (CYP). S’il est vrai que le foie, par sa richesse en CYP, est un site important de métabolisation, l’intestin grêle, du fait de la présence de grandes quantités de CYP, joue également un rôle de barrière. L’efficacité et la toxicité des molécules sont donc directement liées à l’activité de ces systèmes enzymatiques, à fortiori pour celles qui y subissent un métabolisme important. C’est avec les médicaments fortement métabolisés au niveau intestinal qu’interagit le jus de pamplemousse. Parmi les nombreuses substances mises en évidence, 2 furanocoumarines (la bergamottine et la 6,7-bergamottine) sont présentes en grande quantité et inhibent puissamment l’activité CYP intestinale (forme 3A4), avec pour conséquence une plus grande absorption des molécules ingérées et donc une augmentation de leur efficacité mais aussi de leur toxicité. Une interaction identifiéeL’inhibition de l’activité CYP survient moins de 4 heures après l’ingestion d’un simple verre de 150 ou 200 ml de jus de pamplemousse fraîchement pressé ou concentré, et se prolonge au moins 3 jours, même après une prise unique. La majorité des jus de pamplemousse commercialisés peuvent donc être à l’origine d’interactions médicamenteuses, avec une ampleur variable selon la concentration en furanocoumarines. En l’absence actuelle de mentions informatives commerciales, le principe de précaution s’avère donc indispensable. Les statines sur la selletteLes statines (ou inhibiteurs de l’HMG-CoA réductase), prescrites en tant qu’hypolipémiants, sont les principaux médicaments concernés. En raison d’un important métabolisme intestinal, la simvastatine, et dans une moindre mesure l’atorvastatine, présentent un risque majeur d’interaction, tandis que la pravastatine (non métabolisée par le CYP) et la fluvastatine (métabolisée par la forme CYP2C9), ne semblent pas interagir avec le jus de pamplemousse. Quantitativement, la consommation de ce jus de fruit revient à :
Certes l’activité thérapeutique de la statine augmente, mais elle s’accompagne d une majoration des effets indésirables, exposant à une grave toxicité musculaire. Des cas de rhabdomyolyse, c’est-à-dire de destruction du muscle strié, ont en effet été publiés sous simvastatine. Une susceptibilité individuelleSelon les individus, l’activité du CYP3A4 peut s’exprimer de façon différente. L’interaction entre le jus de pamplemousse et les statines est donc soumise à une variabilité inter-individuelle : chez certains sujets, les concentrations peuvent en effet augmenter d’un facteur de 25 à 30, majorant fortement le risque. D’autres classes sont concernéesDans le cas des immunosuppresseurs préconisés contre les rejets de greffe (ciclosporine, tacrolimus…), une prise concomitante et régulière de jus de pamplemousse peut endommager le rein. Pour le cisapride, délivré en milieu hospitalier, l’interaction peut générer des torsades de pointe. Enfin, la prudence est de mise pour la carbamazépine et la buspirone (de la famille des neuroleptiques), en raison du risque de surdosage. Des recommandations à suivreEn conclusion, nous vous déconseillons vivement toute prise de jus de pamplemousse, lors d’un traitement par simvastatine ou atorvastatine. Sachez cependant qu’en cas de consommation régulière de cette boisson, le médecin peut vous proposer en alternative une prescription de pravastatine ou de fluvastatine. Quant aux autres médicaments (carbamazépine, buspirone…), évitez de prendre du jus de pamplemousse dans les 2 heures qui précèdent leur prise, et limitez votre consommation à moins d’un quart de litre par jour. S’il est vrai que le jus de pamplemousse altère l’activité de certains médicaments, l’Afssaps confirme en revanche que le jus de pomme et d’orange ne provoquent pas d’interactions connues. Certains aliments sont susceptibles d’interagir avec les médicaments, en diminuant leur efficacité ou en accentuant leurs effets indésirables Pour votre sécurité, nous vous rappelons donc l’importance de lire attentivement les notices avant d’entamer un traitement. Les interactions, lorsqu’elles existent, y sont clairement mentionnées. |
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