Parallèlement à l’allaitement maternel qui connaît un regain d’intérêt depuis plusieurs années, la gamme des laits infantiles ne cesse de s’étoffer de nouvelles formulations qui vantent des atouts pour garantir le confort et le développement de bébé. S’il est vrai que les formules varient d’un lait à l’autre, toutes sont soumises à des normes strictes et répondent aux besoins nutritionnels des nourrissons. Pour vous guider dans votre choix, nous vous proposons de faire le point sur leurs particularités.
Le lait maternel au top niveau
Malgré les efforts des
laboratoires pour mettre au point des laits proches du lait maternel, ce
dernier reste l’aliment idéal pour nourrir bébé.
Non seulement il
couvre tous les besoins nutritionnels du nourrisson en apportant la
juste dose de protéines pour la croissance, de lipides et de glucides
pour les besoins énergétiques, d’acides gras essentiels pour le bon
développement du cerveau, de vitamines et de minéraux (calcium, fer…),
mais sa composition évolue au cours de la tétée et de la journée. Plus
concentré en eau et en lactose en début de tétée pour désaltérer, le
lait maternel s’enrichit ensuite en lipides pour rassasier ; par
ailleurs sa teneur en lipides s’élève entre 6 et 10 heures du matin et
reste forte dans la journée pour s’adapter aux besoins énergétiques de
bébé.
Outre ses qualités nutritionnelles, il véhicule les
anticorps maternels qui aident le nourrisson à combattre les infections.
Un bébé allaité au sein est moins sujet aux diarrhées infectieuses
ainsi qu’aux infections ORL et respiratoires.
Le lait maternel
aurait également un rôle protecteur vis-à-vis de l’allergie alimentaire
et de l’asthme. Il est en effet recommandé de manière exclusive au moins
jusqu’à 4 mois chez les enfants à risque (terrain allergique familial).
Chassez les idées reçues qui accusent certains laits
maternels de ne pas être assez nutritif. Même les mamans qui ont de
faibles réserves de « graisses » ont un lait assez nourrissant.
Lorsqu’il est moins calorique, sa production est plus importante.
Des
laits 1er âge parfaitement adaptés
Lorsque vous ne pouvez pas ou ne désirez
pas allaiter, ou encore au moment du sevrage, les laits 1er âge (ou
préparations pour nourrissons) sont la meilleure alternative. Soumis à
des normes strictes, ces laits sont parfaitement adaptés pour couvrir
les besoins nutritionnels de bébé jusqu’à 6 mois (et non plus 4 mois
comme auparavant).
A base de lait de vache
La
quasi-totalité des laits 1er âge sont obtenus à partir de lait de vache
après modifications. Ils apportent au nourrisson :
- -des
protéines constituées d’un mélange de caséine (protéine insoluble) et de
protéines solubles, en quantité suffisante pour assurer le bon
développement du bébé,
- -des glucides, représentés en grande
majorité par une association de lactose et de dextrine-maltose,
suffisamment dosés pour couvrir une partie des besoins énergétiques du
nourrisson,
- -des lipides en quantité pour participer à l’apport
énergétique, mais aussi en qualité pour fournir les acides gras
indispensables à la constitution des cellules nerveuses,
- -des
vitamines et des minéraux pour une croissance harmonieuse de bébé : fer,
phosphore, zinc, vitamines A, D, K (cette dernière étant absente du
lait maternel)…
Le lait maternel comme modèle
Les
laits 1er âge sont élaborés pour garantir au nourrisson des apports
nutritionnels aussi proches que possible du lait maternel.
Ils
couvrent à 100 % les besoins en fer, calcium et acides gras essentiels.
L’apport
en protéines a également été revu à la baisse. En effet, de récentes
études montrent qu’un excès d’apport protidique durant les 2 premières
années de l’enfant favorise un rebond d’adiposité précoce vers l’âge de 4
ans. La réglementation européenne recommande dorénavant une teneur plus
proche de celle du lait maternel : la moyenne actuelle est donc de 1.5g
pour 100 ml, tandis que Nidal Novaïa 1er âge affiche un chiffre de 1.2g
pour 100 ml, encore plus proche du lait maternel.
2 grandes
catégories de lait
Les laits 1er âge se différencient en fonction
de leurs proportions en caséine et protéines solubles :
Les
laits à protéines non modifiées ont un profil protéique proche du lait
de vache, avec une teneur en caséine 2 à 4 fois supérieure à celle des
protéines solubles : Gallia Apaisia 1er âge, Gallia Calisma 1er âge,
Novalac satiété 1er âge…
Une teneur élevée en
caséine ralentit la vidange gastrique de bébé et augmente sa sensation
de satiété. Elle réduit également les régurgitations, mais peut
favoriser la constipation.
Les laits à protéines modifiées
ont un rapport caséine/protéines solubles réduit par rapport au lait de
vache : Gallia 1er âge, Novalac 1er âge, Gallia Digest Premium 1er âge…
Lorsque
les protéines solubles sont prédominantes par rapport à la caséine, on
parle de laits adaptés car le profil protéique est proche du lait
maternel : Nidal Novaïa, Novalac Transit 1er âge…
Une
teneur élevée en protéines solubles est mieux adaptée au système
digestif du nourrisson, car elle permet d’accélérer la vidange
gastrique. Par contre, elle peut favoriser les régurgitations et procure
une sensation de satiété moins satisfaisante.
En poudre le
plus souvent
La grande majorité des laits 1er âge se présentent
sous forme de poudre à reconstituer avec une eau faiblement minéralisée.
Certaines
marques sont toutefois disponibles en briques Tétra Brick prêtes à
l’emploi : Guigoz 1er âge, Nidal Novaïa 1er âge… Celles-ci doivent être
conservées à température ambiante avant ouverture, puis au réfrigérateur
après ouverture.
En pratique
Le plus souvent, la
maternité fournit le lait 1er âge. S’il convient bien à bébé, surtout ne
changez rien, à fortiori sans avis médical !
Seul le pédiatre
peut vous conseiller de changer de lait au bout de quelques semaines
suite à de l’apparition de troubles digestifs (régurgitations, coliques,
diarrhées, constipation…) ou de problèmes allergiques.
Des laits
spécifiques
Ils sont adaptés à l’alimentation des nourrissons
ayant des besoins nutritionnels ou des problèmes particuliers.
Pour
les prématurés
Les laits pour prématurés et nouveaux-nés dont le
poids de naissance est inférieur à 2 kilos ne s’emploient que sur
prescription médicale : Pré-Aptamil, Pré-Blédilait, Pré-Modilac…
Utilisés
jusqu’à l’obtention d’un poids de 4 kilos, ils sont enrichis en acides
gras essentiels et en en acides gras poly-insaturés. Ils ont une teneur
protéinique supérieure à celle des autres préparations. Par ailleurs,
leur teneur en sels minéraux est réduite pour s’adapter à l’immaturité
rénale du bébé.

Les laits anti-régurgitations « AR » ou « Confort »
Fréquentes
au cours des premières semaines, les régurgitations sont dues à une
immaturité de l’œsophage. Vous pouvez les améliorer en pratiquant des
temps de pause pendant la tétée et en évitant de coucher bébé sitôt
après.
Lorsque le problème persiste, la solution consiste à donner
des laits épaissis : laits AR (antireflux) ou confort. Ils ont
généralement une forte teneur en caséïne et sont épaissis avec :
- -de
l’amidon de riz : Enfamil AR, Picot AR…
- -de l’amidon de maïs :
Novalac AR 1er âge, Guigoz AR 1er âge, Gallia Digest Premium 1er âge…
- -de
la farine de caroube : Novalac AR Digest, Gallia AR 1er âge…
Les
laits portant l'appellation AR garantissent une concentration
suffisamment épaississante pour agir contre le reflux gastro-oesophagien
: ils sont réservés pour traiter les régurgitations importantes et les
troubles de la déglutition.
Les autres laits épaissis,
généralement moins dosés en épaississants, sont destinés à traiter les
rejets légers ainsi que les problèmes de coliques et de ballonnements :
Gallia Digest Premium 1er âge...
Les
préparations enrichies en amidon n'épaississent qu'au contact de
l'estomac de bébé. Par contre, les préparations contenant de la caroube
épaississent le lait directement dans le biberon; elles nécessitent donc
d’utiliser une tétine adaptée et de donner le biberon immédiatement
après sa préparation.
Les laits « Transit »
Ils
présentent une teneur élevée en lactose et en protéines solubles pour
favoriser le transit intestinal et lutter contre la constipation :
Novalac Transit 1er âge, Modilac Transit…
Les laits anti-coliques
« AC »
Ils contiennent un faible taux de lactose et une
forte teneur en protéines solubles, pour diminuer le phénomène de
fermentation responsable de ballonnements et de gaz souvent douloureux :
Novalac AC 1er âge…Ils sont actuellement supplantés par les laits dits
"acidifiés".
Les laits dits "acidifiés"
Ils sont
additionnés de ferments lactiques à "activité lactasique" ( qui sont
ensuite tués par stérilisation). Ces ferments, en facilitant la
digestion du lactose et des protéines, permettent d'améliorer les
problèmes de ballonnements et coliques du nourrisson.
Les laits à "
activité lactasique " modérée sont destinés à soulager les coliques
bénignes : Gallia Digest Premium 1er âge...Les laits à forte" activité
lactasique" sont recommandés en cas de coliques persistantes et de
constipation : Gallia Lactofidus 1er âge…
Les laits « Satiété »
Destinés
aux bébés gloutons et insatiables, ils sont enrichis en caséine et en
glucides à assimilation lente. Ils renforcent la satiété de bébé sans
apport calorique supplémentaire : Novalac Satiété 1er âge, Enfamil
Nutribaby…
Les laits sans lactose
Ils sont destinés à
remplacer le lait habituel du nourrisson en cas de diarrhées sévères,
ces dernières pouvant provoquer une intolérance secondaire au lactose.
Ils facilitent la réalimentation avec une normalisation des selles en 3
jours, mais ne doivent être utilisés que ponctuellement.
Le
lactose est remplacé par des sucres facilement assimilables comme le
glucose et le dextrine-maltose : Gallia Diargal…Certains laits sans
lactose sont en outre enrichis en flocons de riz et de fruits (banane,
pomme) : HN25, Diarinova…
Notre conseil :
En
cas de diarrhée, le premier geste consiste à réhydrater bébé au moyen
d’un soluté de réhydratation orale pendant 4 à 6 heures : GES 45,
Adiaril…Alimentez ensuite bébé avec un lait sans lactose jusqu’à
normalisation des selles, puis réintroduisez le lait habituel en
réduisant progressivement les proportions de lait sans lactose à chaque
biberon.
Les laits hypoallergéniques « HA »
Ils sont
recommandés à titre préventif pendant 6 mois chez les nourrissons en
cas d' antécédents allergiques (rhinite, asthme, eczéma...) chez le
père, la mère ou dans la fratrie, et ne s’utilisent qu’après avis
médical.
Ils renferment des protéines de lait partiellement
hydrolysées en vue de réduire leur caractère allergisant : Gallia HA 1er
âge…Par contre, ils sont inefficaces en cas d’allergie avérée aux
protéines de lait de vache
Dans un contexte
d’allergies familiales, privilégiez si possible l’allaitement maternel
exclusif pendant au moins 4 mois.
Pour l’allergie aux protéines
de lait de vache
L’allergie vraie aux protéines de lait de vache
touche au maximum 7.5 % des enfants. Elle survient le plus souvent
avant l’âge de 1 an, dès les premiers biberons ou au moment du sevrage,
et disparaît chez 90 % des enfants vers 3 ans.
Son diagnostic est
difficile, car les signes cliniques sont variés (digestifs, cutanés ou
respiratoires) et plus ou moins sévères. L’eczéma et les troubles
digestifs sont les symptômes les plus fréquents chez le nourrisson. Mais
l’allergie aux protéines de lait de vache peut aussi se manifester par
une urticaire aiguë au moment du sevrage.
Le traitement repose sur
l’éviction des protéines lactées. Le lait est alors remplacé par une
préparation à base d’hydrolysats de protéines : Nutramigen,
Pepti-Junior, Prégestimil…Uniquement sur prescription médicale, les
hydrolysats sont pris en charge par la Sécurité sociale.
Les laits de chèvre et de brebis ont une composition en
protéines proche du lait de vache. Ils sont donc à éviter en cas
d’allergie au lait de vache.
Les laits de soja…controversés
Formulés
à base de protéines isolées de soja, ils ne contiennent pas de
protéines d’origine animale et sont sans lactose : Gallia Soja, Prosobee
Soja…
Ils peuvent être prescrits chez le nourrisson lors d’un
épisode diarrhéique, mais ne sont pas recommandés au long cours. En
effet, des travaux expérimentaux ont montré que les phyto-oestrogènes
(substances actives similaires aux oestrogènes) contenues dans le soja
avaient des effets néfastes sur le développement endocrinien et
immunitaire de différentes espèces animales.
Les
laits de soja ne sont pas indiqués en cas d’allergie aux protéines de
lait de vache, car les allergies croisées sont fréquentes.
A
défaut de l’allaitement maternel qui est la référence dans le domaine de
l’alimentation infantile, les laits 1er âge, par leur diversité,
permettent de s’adapter au mieux à la physiologie des nourrissons.
N’hésitez pas à vous faire conseiller par un professionnel de santé.
Et
pour les mamans souhaitant alimenter leur bébé avec un lait biologique,
la gamme Babybio propose un lait issu de vaches soignées sans
antibiotiques et nourries aux fourrages biologiques !
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