La dépression est une maladie de plus en plus répandue dans le monde
moderne, pourtant elle se heurte encore à l’incompréhension de
l’entourage et continue à être stigmatisée.
Pour changer notre regard, nous devons mieux la comprendre.
La dépression provoque une perte du goût de vivre et un état de
tristesse permanents, pouvant conduire à des idées ou pulsions
suicidaires. La dépression est donc une maladie à part entière, qui ne
doit pas être banalisée. Seule une prise en charge globale, associée à
un suivi dans le temps, peut permettre la guérison et éviter le risque
de rechutes.
Une maladie répandue
La dépression touche en
France 7 à 15 % de la population (soit au moins 3 millions de
personnes). On estime que 2 personnes sur 10 souffriront de dépression
(de gravité variable) dans leur vie.
Les femmes sont deux fois plus exposées que les hommes, avec une proportion est de 1 femme sur 5, contre 1 homme sur 10.
La
dépression est plus fréquente chez les jeunes adultes (7 dépressifs sur
10 ont moins de 45 ans), mais les personnes âgées et les enfants sont
également confrontés à cette maladie.
Le taux de suicide chez les personnes dépresives est considérablement plus élevé (30 fois plus) que dans la population générale.
Ne confondez pas dépression et « déprime »
La
déprime (encore appelée « coup de cafard » ou « coup de blues ») est un
état de tristesse passager, en rapport avec des difficultés de la vie
quotidienne.
Par contre, la dépression est un état permanent,
durable dans le temps, qui persiste pendant des semaines ou des mois et
qui se manifeste par une perte de la joie de vivre. Une souffrance
quotidienne s’installe, qui peut s’aggraver au cours du temps, avec
notamment l’apparition d’idées suicidaires.

Des signaux d’alarme
La
dépression se manifeste par une baisse générale du tonus. Les symptômes
peuvent être d’ampleur différente selon la gravité de la dépression,
mais certains signaux d’alarme ne trompent pas. Ces signes sont les
suivants :
- une tristesse permanente et une perte d’intérêt de la vie : la personne déprimée n’a plus goût à rien
- un manque d’énergie, de volonté pour entreprendre des activités
- une
modification du sommeil avec des difficultés d’endormissement ou des
réveils nocturnes ou à l’inverse un besoin excessif de sommeil.
- une perte d’appétit ou au contraire une envie impérieuse de manger.
- un sentiment de culpabilité, de dévalorisation et de manque de confiance en soi.
- un ralentissement psychique avec des troubles de la concentration, de la mémoire, des difficultés à prendre des décisions…
- une anxiété d’intensité variable, avec sensation de nœud dans la gorge ou de boule dans l’estomac.
Dans
tous les cas, vous devez impérativement décrire au médecin les signes
dont vous souffrez, de manière à ce que le diagnostic puisse être posé
le plus tôt possible.
Surtout, ne vous culpabilisez pas de votre état et n’éprouvez pas de honte. La dépression peut toucher n’importe qui !
Pourquoi est-on dépressif ?
Les
recherches ont montré que des déséquilibres biologiques au niveau du
cerveau sont impliqués. La dépression est due notamment à une baisse de
la fabrication de neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine,
la noradrénaline...
Sans pouvoir l’expliquer, on constate aussi que certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres.
La
dépression peut survenir à la suite d’un évènement douloureux (décès,
divorce, conflit familial, isolement chez les personnes âgées…), d’un
problème financier, de difficultés professionnelles, mais aussi sans
raison apparente.
Le site de l’URCAM ( www.stopdepression.fr ) propose plusieurs témoignages.
Les différents types de dépression
On distingue :
L’épisode dépressif simple :
il disparaît complètement après traitement.
La dépression récurrente :
à
la suite d’un premier épisode dépressif, vous pouvez conserver une
fragilité qui occasionne des rechutes. Pour cette raison, vous devez
impérativement poursuivre les traitements sur une durée minimale de 6
mois. N’interrompez jamais le traitement prématurément !
La dépression chronique :
malgré
un traitement adapté, l’état dépressif persiste plusieurs années, d’où
l’importance de consulter sans tarder pour enrayer l’installation de la
maladie.
La dépression saisonnière :
Elle apparaît au
début de l’automne et disparaît avec l’arrivée des beaux jours. Elle
touche plus souvent les femmes et se manifeste par une fatigue
chronique, une tendance à l’isolement, un besoin excessif de sommeil et
une augmentation de l’appétit. Le facteur déclenchant est le manque de
lumière. Des séances quotidiennes d’exposition à la lumière permettent
de soulager les symptômes (généralement au bout d’une semaine).
Pour
faire face à la dépression, la volonté ne suffit pas. La prise en
charge doit être globale, en tenant compte de l’environnement dans
lequel évolue la maladie. Le traitement associe le plus souvent
psychothérapie et traitement médicamenteux.
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